Genève, petit canton, grand destin, par Charles HÜSSY

Le 31 décembre 1813, le Petit-Conseil proclame la Restauration de la République. Débute alors un long débat autour de l'extension du territoire, demandée par les plénipotentiaires des Puissances réunies à Vienne et qui aboutira à un strict désenclavement, nécessaire pour rejoindre les frontières de la Suisse. Aujourd'hui, avec le recul de deux siècles, on s'étonne de ce choix minimaliste, même si l'on peut imaginer les craintes du parti «petit-genevois» dans un climat général d'Ancien Régime restauré, de voir affluer une «population verreuse» devenant majoritaire et de religion catholique. L'habileté des négociateurs maintenus sous le contrôle des grandes familles dirigeantes permettra finalement au Petit-Conseil d'obtenir l'aval des Confédérés sans agrandissement considérable. Qu'on puisse le regretter ou non, l'héritage consiste maintenant à gérer une région transfrontalière. La conférence, faisant suite à «L'invention territoriale de Genève et du Genevois» exposée à l'automne 2011, montrera en seconde partie comment une nouvelle gouvernance a été initiée par les acteurs régionaux. Récemment par exemple, un forum d'agglomération a été mis en place; on voudrait pouvoir en attendre une écoute réelle des souhaits de la population, ainsi qu'une prise de conscience des déséquilibres provoqués par le «mur invisible» de la frontière. Ou comment de nos jours, l'ancienne devise gravée sur les monnaies retrouve un certain prestige : «Post tenebras, spero lucem» (Livre de Job 17,12).

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Lundi, 14 avril, 2014 - 00:00